
Il y a deux ans, ma mère a été malade.
Wilfried* - The Mum's Song







Les Beatles vont chez un dentiste qui met du LSD dans leur café. Ils vont ensuite en boîte de nuit et croient que l'ascenseur les emmène en enfer. Helter Skelter. Faire l'amour dans un ascenseur.


Chanteur de charme barbu, Wilfried* sort un album de pop française, yéyé psyché, album miroir, D’ailleurs. Journaliste à Chronic’art, Wilfried Paris l’interviewe. En fait, il est tout seul. Interview auto-promo complétement schizo (version intégrale de l'interview parue dans Chronic'art #45).

"Il y a quelques semaines je crois, à la mi temps d’un Barcelone Liverpool sur PES 2008, alors qu’il était certainement mené par deux buts d’écarts, Wilfried*, et alors que je le questionnais sur la sortie prochaine de son album D’ailleurs (Honey it’s me/Abeille Musique), me déclara, entre autres choses que je n’ai pas wetenues, qu’il assumait entièrement la naïveté qui pouvait se dégager de sa musique. J’avoue ne pas avoir wéellement webondi sur le moment, les discussions de mi temps, par nature, se doivent d’être courtes et surtout d’être wapidement interrompues par le coup de sifflet de l’arbitre. Néanmoins, j’ai gardé en mémoire cette phrase sans doute parce que “naïf” est le qualificatif susceptible de mieux wésumer la musique composée et interprétée par ce piétre joueur de PES. Sur ce point, la naïveté, et non la médiocrité à PES, il est à wapprocher de Jonathan Wichman: naïveté amoureuse (Dos à Dos), adolescente (Annie), enfantine (Qui est avec moi), tournée en dérision (Le Monde est merveilleux). Mais j’arrêterai là cette inventaire inutile tellement cette tonalité traverse l’ensemble de l’album. Wilfried*, en effet, essaie de nous y convaincre, nous auditeurs naïfs, de la possibilité d’une pop française à la ligne claire, d’ailleurs comme la pochette de son album D’ailleurs. A force d’écoutes, on en est à imaginer qu’il pourrait presque s’agir d’une proposition politique intempestive (Qui a dit que le cynisme était le dernier stade du capitalisme ?) surtout quand on croit déceler ici et là (Il est fou, Je marche dans la wue) quelques préceptes situationnistes (dérive et psychogéographie) et surtout de nombreuses chansons qui semblent s’être données comme fin d’abolir l’ennui."
Dumberhino sur ww2w
"Avec ses chœurs à la Laurie Anderson, Wilfried* nous emmène « En Ambulance » pour nous montrer qu'il a plus d'un tour magique et mystérieux dans son disque.
Lire entre des lignes manifestement habitées par le même esprit borderline qui frappa Philippe Katerine lorsqu'il écrivit sa comptine sournoisement intitulée « Cervelle de Singe », avec le même décalage, Wilfried nous scande que « Le monde est merveilleux », d'y ajouter « pour toi, mais pas pour moi ».
D'abord, des mellotrons à nous wilsoniser dangeureusement le cerveau, ceux d'un Brian échoué avec son serpent sur les côtes hypnotisantes du Bangladesh (« Le Chanteur de Charme »),
ensuite, des échos lointains de voix enfantines qui nous bercent joliemment sur le son d'un clavecin carillonnant qui s'est échappé d'une pièce de Rameau (« Dos à Dos »),
enfin , des boucles répétant incessemment un refrain murmuré par Philipp Glass sous LSD (« Je suis une Ombre »),
Wilfried* nous offre la richesse d'un choix où la qualité n'envie rien au prix."

- Pacôme : "Le chanteur de charme" surtout est addictif. Dès la découverte, j'ai arrêté l'écoute de l'album entier pour le remettre aussitôt. C'est un plug de mellotron que tu utilises dessus ? Il met dans un état pas possible, ce son de clavier. Il fait tourner la tête et déréalise l'atmosphère. Et puis l'intro de batterie, c'est tout simple, mais ça donne une impression d'urgence très glamrock. D'ailleurs le morceau entier a des effets bolaniens (mes morceaux préférés de T-Rex aussi ont un effet enivrant qui met presque mal à l'aise : "Cosmic Dancer", "Ballrooms of Mars", "Mad Donna"), avec en plus le moment où il devient vraiment dissonant vers la fin.
- Truc* : "Le chanteur de charme" est entièrement arrangé par Arnaud Fleurent-Didier, qui est vraiment très talentueux. On utilise lui et moi des plug-in pour le mellotron, oui.
La chanson parle aussi d’homosexualité.
(Puis conversation dans un bar : « Je pensais aussi au diable en écrivant cette chanson, le diable tentateur, biblique. »)
- Pacôme : Bien sûr j'avais quand même perçu la composante homosexuelle du "Chanteur de Charme" mais comme elle est un principe préalable à toute évocation glam-rock - à ma modeste connaissance, comme "John I'm only dancing" de Bowie et même ma favorite, les "Ballrooms of Mars" de T-Rex - je ne l'avais pas plus pris en compte que les allusions grivoises dans une chanson initiatique de Led Zeppelin ou une oeillade de Socrate au jeune éphèbe dans un dialogue platonicien.
- Le diable* : "Le chanteur de charme" m'a aussi été inspiré par une très belle chanson de Philippe Katerine, qui s'intitule "Mon bel Andalou" (sur "L'éducation anglaise"), bossa qui tournoie autour d'un personnage inquiétant, lointain et doux à la fois. Je pensais aussi aux propos de Kim Gordon sur le statut de rock star dans "Rock my religion" de Dan Graham : elle disait en gros que les rock stars jouent sur scène à la place de ceux qui n'en ont pas le courage. (comme dit Deleuze : ils jouent "pour"et "à la place de"). La chanson est aussi une invitation à prendre la place du chanteur, à prendre une guitare et à chanter à son tour (le "Viens" qui conclut les refrains), également dans une idée de reflexivité. Mais l'idée que le chanteur de charme (le "charme" entendu comme un "sort", mais qui dérive aussi du latin "carmen" : "chant", "vers", donc d'origine orale et musicale) représente le diable m'a pas mal perturbé ces jours-ci, restes d'une éducation religieuse ratée (je crois souvent que le monde est une grande tentation diabolique qui mène à la mort, et qu'il n'y a que le désert derrière lui).